QUELQUES HOMMES ET
FEMMES DE CULTURE D'ORIGINE RUFISQUOISE
Khar Mbaye Madiaga
(chanteuse)Mariama Ndoye
Mbengue (écrivaine)
Awa Mbengue (photographe)
Shula Ndiaye
(chanteuse)
Mar Seck
chanteur
Ouza Diallo
chanteur
Ndiouga Dieng
chanteur
Matar Ndour
(photographe)
Pape Fall
chanteur
Ismael Lo chanteur
Babou Ndoye chanteur
(reggae)
Alassane Cissé dit
Alass
Adjidiou Diallo
Souleymane Faye
Bob Séne
Laye Mansa
Babacar Niang
Ismaila Fall
(batteur)
Pape Armand Boye
Cheikh Lo
Macodou Mbengue
Marius Seck
Bamba Ji Fall
Disiz la peste
Ndary Lo
Badou BoyKhaly Ndiaye
artiste-peintre
Moussa Touré
Souyfino
Alpha Dieng chanteur
Abdou Boye
guitariste chanteurMame Goor
chanteur
Gorgui Ndiaye
chanteur
Alassane Fall
chanteur
Papis Gadio
guitariste-chanteur
Seydinamandoza
chanteur
Mountaga Kouyaté
batteur
Issa Seck artiste
Fara Seck
chanteurIsmaila Diagne
chanteur
Tita Mbaye Peintre
sculpteur
Ibrahima Mbaye Sopé
comédien
Ngagne Sarr
comédien..
Lat Dior Diop
chanteur
Lamine Mbengue
comédien-chanteur
Nasree Noreynee
chanteur
ARTISTE
DU MOIS
Fara Seckchanteur salsero
Cliquez ici pour ajouter un commentaireArtiste chanteur, grand salsero
de renommée nationale Fara Seck
"Fara" pour les intimes a
fait son entrée dans la musique avec le Super Eclair de
Rufisque sous la direction de Amdy Seck professeur d'éducation
musicale.
Après quelques années de dure
apprentissage, il intégra le
mythique Orchestre Retro Sound
de Thiès et se voit hissé au
rang de Lead Vocal du groupe.
Ce passage si bref soit t'il lui
permit d'acquérir une certaine
expérience.
Charmé par la proliferation de
groupes de Salsa dans cette
belle région, il prolongea son
séjour Thièssois et finira par
intègrer l'orchestre du Tropical
Sound, avant de poser son
baluchon au Gossando Star de Mar
Seck, un des vétèrans de la
salsa Africaine.
Rufisque news : qui
est Fara Seck ?
Fara Seck :
je suis un artiste musicien né à Rufisque qui a fait
ses études et ses débuts dans la musique à Rufisque. Rufisque
news : pouvez-vous nous parler de vos débuts dans la
musique ?
Fara Seck :
disons que j’ai commencé à flirter avec la musique
en 1974 sous l’influence de mon grand frère Mar Seck
salsero de renommée qui était aussi pour moi une
référence musicalement parlant. Je me rappelle à
cette époque, l’orchestre du Super Cap-Vert de
Rufisque était sur le podium avec comme lead-vocal
Mar suivi du grand maestro Pape Fall de l’actuel
African Salsa. Dix ans après, j’ai repris le
flambeau avec une bande de copains et c’est ainsi
que le Super Eclair est né sous l’initiative du
regretté Ndiawar Ndiaye. Rufisque
news : aujourd’hui à Rufisque d’aucuns revendiquent
la paternité du Super Eclair, qu’en est il
exactement ? Pouvez nous dire qui a créé ce groupe ?
Fara Seck :
c’est Feu Ndiawar qui était
guitariste, auteur compositeur et chanteur dont
Ismaël Lô a rendu hommage dans l’album du nom de «
NDIAWAR » qui a créé ce groupe.
D’ailleurs, c’est lui que j’ai entendu pour la
première fois chanter « Tadjabone » et « Diouma ».
Quand il est décédé, je me suis rabattu sur Thierno
Ndoye un ami guitariste qui m’accompagnait lui aussi
avec une vieille guitare. La guitare était tellement
vieille avec des cordes complètement usées que les
accords qu’il plaquait étaient à peine audibles. Un
de ses cousins Pascal Cissé, de retour de France
nous en avait offert une nouvelle pour nous soutenir
et c’est ainsi que de fil en aiguille nous nous
sommes retrouvés chez Amdy Seck, un professeur
d’éducation musicale demeurant à Santhiaba. Rufisque
news : peut on savoir à quand remonte votre première
soirée avec le Super Eclair ?
Fara Seck :
c’était en 1985, avec L’ASC de Dangou au CEDPS de
Rufisque. Une soirée mémorable.
La salle était pleine à craquer et on a joué
jusqu’au petit matin. Rufisque
news :
c’était une
soirée Salsa alors ?
Fara Seck :
en fait, on jouait du tout quoi vu que nous étions
quatre (4) chanteurs pour le mbalax dont Alassane
Fall, Feu Abdou Khoudia Ndiaye, Feu Pape Mbaaye et
moi pour les variétés et la salsa. Rufisque news :
donc, en gros
Fara vous n’avez fréquenté que le Super Eclair ?
Fara Seck :
non, non ! Après la
dislocation de l ‘orchestre, j’ ai déposé mon
baluchon au Rétro Sound de Thiès avec un virtuose de
la guitare du nom de Abdou Latif Djoury. Il fut
aussi guitariste au Star Jazz de St- Louis qui avait
représenté le Sénégal au Festival de jazz d’Helsinki
en Finlande en 1967. C’est avec ce grand monsieur
que j’ai acquis beaucoup d’expérience dans la
musique. Pour terminer, je dirai plutôt que mon bref
passage au Tropical Salsa de Thiès a précipité mon
retour définitif dans ma ville natale pour remonter
encore une fois le Super Eclair pour ensuite élire
domicile au Sam Peulh Night. Rufisque
news :
pourquoi la
Salsa alors qu’apparemment le Mbalax se vend le
mieux au Sénégal ?
Fara Seck :
excellente question. Vous savez je me suis rendu
compte très tôt et heureusement pour moi que pour
acquérir une certaine expérience musicale, il
fallait nécessairement jouer de la variété et ainsi
donc maîtriser les autres formes de musique.
En outre, j’avais aussi constaté que la majeure
partie des chanteurs de mbalax était des ignorants
comparés aux musiciens de variété qui étaient plus
expansifs, plus intellos. Je veux dire qu’ils ont
presque tous un problème de niveau en atteste la
vacuité de leurs textes. En sus, la musique de
variété m’offrait l’occasion de jouer presque tous
les jours
de la semaine, ce dont j’avais le plus besoin dans
ma perpétuelle quête d’expérience pour pouvoir
m’amener toujours plus loin. Rufisque news :
avez-vous d’autres références en tant que chanteur ?
Fara Seck :
naturellement. Il s’agit de Ballyspinto un ivoirien
d’origine bété et Salif Keïta. Ce qui m’a toujours
fasciné chez ces deux chanteurs c’est qu’ils
possèdent chacun trois sortes de voix et je trouve
ça extraordinaire. Pourtant, Mar fait parti de cette
catégorie d’artistes malheureusement on ne le sent
pas trop car c’est un sénégalais. Rufisque news : à
vous entendre on a l’impression que vous avez
séjourné en côte d’ivoire ?
Fara Seck :
Oui c’est vrai.
Rufisque news :
dans ce cas pouvez- vous nous en parler ?
Fara Seck :
en effet, mon séjour ivoirien
était plus motivé par un voyage en France.
Malheureusement, le projet avait capoté. Néanmoins,
j’ai vécu à Bouaké une expérience musicale avec
l’orchestre Offi, un groupe de variété. Il
m’arrivait souvent d’aller à leur soirée avec une de
mes cousines pour jouer des standards de salsa
surtout. Rufisque
news :
partagez-vous
l’idée selon laquelle la musique mbalax est en train
de tuer la salsa?
Fara Seck :
non, je ne peux guère la partager pour la bonne et
simple raison que la salsa est une musique noble qui
est issue des fins fonds d’Afrique.et ça remonte du
temps de l’esclavage. Ce sont nos ancêtres esclaves
qui ont fait voyager cette dernière dans le monde
entier quand ils suaient dans les plantations de
café et cacao. D’ailleurs, c’est pourquoi on
l’appelle la musique Afro Cubaine. Les chinois
disent que c’est la meilleure musique au monde.Ca
n’a rien à voir avec le mbalax trop local, qui n’a
subit aucune influence et qui peine à percer sur le
plan international. Même la Rumba Zaïroise doit son
succès à ses influences latinos plutôt qu’au contenu
de ses chansons qui sont souvent plates. Rufisque
news :
à quand votre
premier album ?
Fara Seck :
pour bientôt inch Allah, il a été réalisé au studio
Doggo de Jimmy Mbaye avec le soutien de bonnes
volontés. Le CD sera sur le marché dés la korité et
comportera six (6) titres, trois salsas et trois
mbalax.
Rufisque news :
peut on savoir
pourquoi ce choix ?
Fara Seck :
simplement pour accrocher deux publics différents.
Les mélomanes seront gâtés. Rufisque
news :
ce n’est pas
plutôt parce que la salsa n’accroche pas trop comme
le mbalax ?
Fara Seck :
non, même le mbalax ne se vend plus comme avant à
cause de la piraterie. De nos jours, seuls les
connaisseurs achètent les albums. Je crois qu’il est
quand même temps que l’on prenne l’exemple des
musiciens ivoiriens qui, à chaque sortie organisent
une soirée dédicace lors de laquelle, le prix de
l’album est inclus sur le prix du ticket d’entrée.
Ce qui donne l’occasion aux fans de venir danser et
de rentrer après avec l’opus dédicacée. Alpha Blondy
et Ballyspinto l’on fait respectivement avec l’album
Wèrè Wèrè et Taxi Signo. C’est une façon très
efficace de contrer ces malhonnêtes pirates mais
hélas, elle ne peut constituer la panacé pour lutter
contre ce fléau qui gangrène l’industrie musicale
mondiale. Rufisque
news :
que
comptez-vous faire après la sortie de votre CD?
Fara Seck :
tout d’abord mettre sur pied mon propre groupe avec
mes propres musiciens, promouvoir l’opus jusqu’en
gambie. Mais en attendant, je joue à Dakar avec le
Gossando Star de mon grand frère Mar. Nous avons
quatre (4) jours dans la semaine, on se fait de
l’argent et c’est très fortifiant car, il faut que
l’on parvienne à vivre de notre art. Rufisque news :
comment se
porte la musique dans la vieille ville ?
Fara Seck :
A Rufisque les musiciens galèrent pour jouer car, il
n’y a pas de salle de spectacle. Pas de grands
rendez-vous de la musique non plus à l’instar de ce
qui se fait à dakar, ou encore à St Louis. La ville
regorgent de talents dans tous les domaines mais le
hic c’est que les autorités locales n’ont aucune
politique culturelle et je trouve cela vraiment
dommage pour la ville et pour nous artistes. Pendant
cinq (5) ans j’ai adressé des demandes de
subventions sana répit au maire de la ville pour
pouvoir mettre mon album sur le marché mais en vain.
Et dire qu’il y’ a une commission culturelle à la
mairie avec un budget très consistant pour soit
disant promouvoir la culture. Mais voilà, nous
sommes toujours dans l’expectative.
La seule structure qui existe et qui fait la fierté
des artistes est le Studio Renaissance du Groupe
Edicom. Ils ont monté un vrai label de production
avec un studio d’enregistrement
et une Sono. Je profite de cette occasion pour
exhorter à tous mes frères musiciens du département
de venir enregistrer leur album au Studio
Renaissance pour soutenir cette noble initiative. Rufisque news :
dans
une de ses interviews, Pape Fall de l’African Salsa
vous a cité parmi la relève, qu’est ce que ça vous
fait?
Fara Seck :
venant d’un grand comme lui je crois que c’est très
encourageant et à coup sûr ça va m’inciter à bosser
encore pour ne pas le décevoir. Rufisque
news :
votre dernier mot Fara à l’endroit de vos fans ?
Fara Seck :
je leur donne rendez-vous après la Korité avec mon
nouvel album et des soirées d’enfer
spéciales salsa. VOS COMMENTAIRES