QUAI
DE PECHE ET MARCHÉ CENTRAL DE RUFISQUE

MENACE SUR L’ENVIRONNEMENT À RUFISQUE:Le
marché central et le quai de pêche, deux citadelles de la saleté
Sources
Le Matin
La journée mondiale de l’environnement a été célébrée
hier à travers toute la planète. Au Sénégal, la cérémonie officielle aura lieu
aujourd’hui même (mercredi 6 juin 2007), sous la présidence du ministre de
l’environnement Thierno Lô. Rufisque, la vieille ville, proie de l’insalubrité
accueille cette cérémonie. Une belle occasion pour les populations de faire part
des risques liés à la dégradation environnementale de leur ville. La vieille
commune croule sous le poids de l’insalubrité.
Quai de pêche de Rufisque. Il est exactement 09 heures et 17 minutes. Des hommes
assis sur la plage, à deux pas de l’eau sont occupés à tisser des filets de
pêche. Quelques étales de poissons, et autres marchandises forment le décor.
Sans se soucier de notre présence, les gens vaquent à leurs occupations. Tout
semble normal. Sur le quai, à part les débris de poissons, le sol est sec. Mais
une forte odeur de poisson se dégage, poussant les inhabitués à se boucher les
narines. Les ordures qui gênaient tant les usagers du quai ont dû être dégagées
car il en existe pas trop. Le problème de l’insalubrité, sommes-nous tentés de
dire est à moitié résolu.
Mais non, lance un jeune pêcheur « rien n’est résolu. C’est parce qu’aujourd’hui
il n’y a pas beaucoup de pirogues qui ont débarqué du poisson. Sinon, vous
sortirez d’ici, les habits sales ». C’est vrai, rétorque son voisin, occupé à
coudre un filet de pêche. « Il faut venir en saison des pluies ou bien quand la
mer est agitée, vous constaterez ». Les populations riveraines ne disent pas le
contraire. Aïda Wade habite en face du quai depuis plusieurs années.
Interpellée, elle a tenu ces propos « Chaque année, à la saison des pluies ,
nous avons des difficultés énormes.
L’eau stagne en plus des déchets de poisson. L’odeur qui se dégage, me fait peur
pour mes enfants et même pour moi-même, avec les moustiques et tout ».À côté de
sa maison, habite Oumou Khaïry Diallo. Elle, ce qui la dérange dans tout cela,
c’est qu’en saison des pluies, elle a l’impression d’être coupée du reste de la
ville : « Les taxis ne veulent pas y accéder, ils ont peur, disent-ils que leur
voiture tombe en panne dans l’eau sale, même les calèches haussent les prix.
C’est vraiment difficile, si les autorités peuvent faire quelque chose ce serait
bien ». Un opinion que Diatou, riveraine partage.
L’atmosphère empestée
À deux pas de là, se trouve l’endroit appelé communément domaine, où les femmes
transforment le poisson. Il s’agit d’un vaste lopin de terre clôturé. Dès
l’approche du bâtiment, une fumée aveuglante se dégage. Des tas de débris de
poissons, des ordures s’amoncèlent un peu partout. Une forte odeur empeste
l’atmosphère. Les femmes qui occupent cet endroit semblent indifférentes à tout
cela. Tranquillement, elles accomplissent leurs tâche. Nous avons l’impression
de déranger.
Mais tout au contraire, dès qu’elles ont su l’objet de notre visite, comme si
elles s’attendaient à nous voir, elles se précipitent pour nous accueillir et
nous mettent à l’aise. Tous, elles partagent les mêmes préoccupations. Asta,
fait office de porte-parole « Tout ce que nous voulons, c’est que l’on nous aide
à nettoyer. Nous avons des difficultés pour dégager les ordures. Nous les
rassemblons mais nous ne voyons personne pour les évacuer ». Ce qui a le plus
attiré notre attention ici, c’est la proximité d’avec l’école primaire Ndiagne
Samb. La fumée qui se dégage de là va directement dans l’école. Un danger pour
les 410 enfants environ qui fréquentent l’école. Le directeur de l’école, M.
Abdoul Aziz Seck, témoigne : « Le problème qui se pose à notre niveau c’est la
proximité avec la fumerie de poisson et aussi le canal à ciel ouvert qui longe
le mur de l’école et le quai de pêche de Dioukoul.
Ce qui cause une véritable pollution que nous aimerions désarticuler». Au mois
de Mars 2004, date à laquelle il a pris fonction, M. Seck informe avoir fait une
correspondance pour attirer l’attention des autorités et des parents d’élèves.
Seulement, ces efforts du directeur n’ont pû rien n’y faire. Le problème, selon
M. Seck est très complexe. En fait, dit-il : « Les femmes qui travaillent ici
sont les mères des élèves et elles vivent de cela ». La solution qu’il propose,
c’est que les femmes attendent les heures où l’école ferme pour travailler. Ce
qui n’est pas contrôlable car le poisson arrive inopinément.
Marche de Rufisque
Au marché central de Rufisque, le problème semble plus compliqué. À la partie
réservée aux vendeurs de poissons, le décor est désolant. Des flaques d’eau par
ci, tas d’ordures par là, tas d’ordures d’un autre côté, un véritable ilôt
d’insalubrité. Les commerçants, très remontés n’ont pas caché leur désarroi.
Cette dame vend des légumes. Elle s’est procurée un bouche-nez pour se protéger
de l’odeur puante. « J’ai peur d’attraper des maladies, nous avons beau crié,
personne de fait rien ». Comme s’ils attendaient que quelqu’un parle, les autres
réagissent, chacun se lamente sur son sort. L’avis le mieux partagé c’est que
malgré les taxes qu’on leur soutire quotidiennement, les autorités compétentes
ne font rien. C’est dire qu’à Rufisque, l’insalubrité est comme une épine au
pied, un problème prioritaire à résoudre.
Khadidiatou G. FAYE
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