Forum
 
ENVIRONNEMENT
 
Vulnérabilité des côtes : Un système de protection original pour faire face

Sources: le Soleil

Dans les localités de Rufisque et de Grand Mbao, le spectacle des maisons éventrées par la houle marine a cédé la place à l’édification de murs assez imposants pour faire face aux risques visibles de la dégradation du littoral.

Le Pr Pape Goumba Lô qui a animé un exposé sur l’érosion côtière à Rufisque et l’état de la réponse apportée par les autorités a été on ne peut plus clair sur la problématique. Pour avoir été un des maîtres d’œuvre des experts qui ont tenté d’apporter une réponse à travers l’édification des murs de protection de Rufisque (115 mètres de longueur sur près de 4 m de haut) et de Mbao (200 m de longueur pour la même hauteur), le Pr Pape Goumba Lô a d’abord posé les conséquences de la menace. Elles se traduisent selon lui par l’érosion, la salinisation des terres et des eaux ;la dégradation des eaux ; la dégradation du couvert végétal et des produits halieutiques, dont les impacts sur les coûts socio-économiques sont importants. Des conséquences selon lui, dont les causes proviennent en partie des aménagements des populations (canal de la SENELEC…), de l’augmentation du niveau de la mer ; de l’extraction du sable marin, (…) et de la pollution.

Pour parler des aspects techniques des ouvrages de protection du littoral de Rufisque et de Mbao, le Pr Lô explique que les murs de protection sont de 4 mètres de haut à partir du niveau de la plage, mais reposent sur une semelle qui est enfoncée sur une profondeur de 1 mètre du sol. « Un choix qui a été fait pour éviter que les vagues qui arrivent au bas du mur ne puissent amener le sable et déséquilibrer le mur de protection », explique-t-il, « comme ce fut le cas avec les anciennes digues de 1993 à Rufisque ». Pour ce dernier, si les murs ne reposent pas sur une matière solide, c’est comme un lutteur fort et grand qui ne tient pas sur ses jambes.

La base du mur de protection présente un col assez fort qui est incliné à 50 centimètres (50 %) et qui permet d’amortir et d’éviter que les vagues ne viennent directement heurter un front qui est vertical. Le troisième élément technique dévoilé par le Pr Lô est qu’en face du mur à 5, 6 mètres du côté de la plage sera entreposé de gros blocs d’une tonne à une tonne cinquante de poids qui vont s’enfoncer au fur et à mesure que l’eau passe. Ces blocs serviront selon le Pr Lô de brise-lames et de protection supplémentaire pour le mur. Dans la partie externe du mur (du côté des habitations), une dizaine de mètres a été gagnée des eaux. Cette surface sera remblayée pour permettre aux populations d’avoir devant eux, et le mur et la plage. Il sera mis en place un système de drainage des eaux et d’assainissement du côté de la face externe du mur. Le mur en dernier ressort règlera un problème de stabilité côtière, freinera l’avancée de la mer et va permettre des actions de drainage des eaux et d’assainissement.

Babacar Bachir SANE

retour à la page d'accueil

Voir tous les articles sur le site